Melody
… Melody.
Melody meurs. Son surmoi lui soufflait, en rêve, lui révélant par la même une facette inconcevable de sa personnalité profonde : était-ce la conséquence de son mal ? Était-ce une part ensevelie de son moi profond ?
Les jeune filles longent les sillons. D’un geste mécanique, elles jettent leur semence qui s’envole un peu avec le vent. La lune fait courir ses rayons sur leurs bras blancs, leur maigreur est toute surnaturelle, de même que leur beauté, discrète, nocturne.
Melody a aperçu l’une d’entre elles passer non loin de l’orée du bois qui la cerne. Sa robe était singulièrement divisée entre un pan bas souillé et loqueteux, qui contrastait avec l’étoffe soyeuse d’un bleu azur qui courrait sur le corps de la jeune fille, des hanches jusqu’à la poitrine qu’elle devait jadis recouvrir pieusement. Jadis, car la gorge de la demoiselle semblait avoir été aspirée. Jadis, car les stigmates qui lacéraient ce maigre cou soufflèrent à Melody, la nature des terrifiants sévices qu’elle avait subit. La robe bâillait sur une poitrine osseuse, grise et usée.
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- Publié :
- septembre 24, 2008 / 1:03
- Catégorie :
- L'envers
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